Faut-il choisir l'infogérance ou un salarié informatique ? La question se pose généralement vers quinze ou vingt collaborateurs, quand les incidents deviennent trop fréquents pour reposer sur la bonne volonté du plus débrouillard de l'équipe. Pour trancher correctement, il faut comparer des ensembles complets : coût réel, disponibilité, compétences et exposition au risque.
Poser la comparaison sur les mêmes bases
Une erreur revient systématiquement : opposer un salaire annuel brut à douze factures mensuelles. Le salaire brut n'est qu'une partie du coût employeur, et un forfait de prestation ne couvre pas exactement les mêmes tâches qu'un poste interne. La bonne méthode consiste à définir d'abord le service attendu, puis à chiffrer chaque option sur ce même service.
Service attendu, formulation minimale : assistance aux utilisateurs pendant les heures ouvrées, administration des serveurs et du cloud, application des correctifs, supervision et alertes, gestion des sauvegardes et tests de restauration, sécurité courante, relation avec les fournisseurs, documentation à jour.
Le coût complet d'un poste interne
| Poste de dépense | Base de calcul |
|---|---|
| Rémunération brute | selon le profil recruté et la région |
| Cotisations patronales | de l'ordre de 40 % du brut |
| Poste de travail et outils | ordinateur, licences d'administration, outils de prise en main |
| Formation et certifications | budget annuel pour rester à jour |
| Recrutement | annonces, temps de sélection, période d'intégration |
| Absences | congés, arrêts, formation, soit plusieurs semaines par an |
Le poste « absences » est le plus sous-estimé. Une personne seule est indisponible entre six et huit semaines par an, toutes causes confondues. Pendant ces semaines, l'informatique de l'entreprise repose sur personne. Si le serveur de fichiers s'arrête pendant les congés d'été, la question n'est plus budgétaire.
Ajoutez la dépendance à une seule personne. Les mots de passe d'administration, l'historique des choix techniques et les particularités du réseau vivent parfois dans une seule tête. Un départ mal préparé se traduit par plusieurs semaines de reconstitution.
Le coût complet d'un contrat externalisé
Côté prestation, le calcul est plus direct : un forfait récurrent, des projets devisés séparément, des licences payées à part. Nos forfaits commencent à 690 € HT/mois pour dix utilisateurs et une prise en charge sous 4 heures ; le niveau Business se situe à 1 490 € HT/mois avec une prise en charge sous 1 heure ; les interventions hors forfait sont à 95 € HT/h. Le détail est publié sur la page tarifs et le périmètre couvert sur la page infogérance.
Ce qui n'apparaît pas sur la facture mérite aussi d'être compté, dans l'autre sens cette fois : pas de recrutement à mener, pas de continuité à organiser pendant les congés, pas d'outillage d'administration à acheter, pas de veille technique à financer. En revanche, un prestataire ne connaît pas vos métiers le premier jour. Prévoyez une phase de reprise de l'existant de quelques semaines, pendant laquelle l'inventaire et la documentation se construisent.
Le vrai comparatif ne porte pas sur le montant mais sur la couverture : combien d'heures par semaine quelqu'un est-il réellement capable et responsable d'intervenir sur votre système, et que se passe-t-il pendant les autres heures ?
Compétences : la largeur contre la profondeur
Un salarié apporte de la profondeur contextuelle. Il connaît les habitudes de chacun, l'histoire des dossiers, les particularités du logiciel métier. C'est un avantage réel et difficile à remplacer.
Une équipe externe apporte de la largeur. Le même mois, elle traite un annuaire Entra ID, une politique Intune, un pare-feu, une base de données lente et une migration de messagerie. Aucun profil unique ne couvre ces domaines au même niveau, surtout pas en restant à jour. Pour une structure de vingt personnes, la question devient : avez-vous besoin de quelqu'un tous les jours, ou de la bonne compétence deux fois par mois ?
Les risques propres à chaque option
| Risque | En interne | En prestation |
|---|---|---|
| Indisponibilité | congés et arrêts non couverts | équipe de relais organisée |
| Perte de connaissance | concentrée sur une personne | documentation contractuelle |
| Réactivité | immédiate quand la personne est là | encadrée par un délai engagé |
| Dérive des coûts | augmentation salariale, remplacement | avenants et heures hors forfait |
| Dépendance | difficile à remplacer rapidement | à sécuriser par une clause de réversibilité |
La colonne de droite comporte un point d'attention majeur : la réversibilité. Un contrat sain prévoit la restitution des accès, de la documentation et des configurations sans négociation. Exigez-le à la signature, pas au moment de partir.
Le modèle mixte, souvent le meilleur compromis
Au-delà de quarante ou cinquante personnes, beaucoup d'entreprises adoptent une répartition : une personne en interne, proche des métiers, chargée des demandes du quotidien, des projets fonctionnels et de la relation avec les utilisateurs ; un prestataire pour l'infrastructure, la sécurité, la supervision, les astreintes et les chantiers techniques ponctuels.
Cette organisation règle deux problèmes d'un coup. L'interne n'est plus seul, donc les congés cessent d'être un trou noir. Et il n'a plus à prétendre maîtriser tous les domaines, ce qui améliore nettement la qualité de vie au travail sur ce type de poste.
Une grille de décision en quatre questions
- Combien d'heures par semaine votre informatique demande-t-elle réellement ? En dessous de dix, un poste à temps plein est difficile à justifier.
- Votre activité s'arrête-t-elle si le système s'arrête deux jours ? Si oui, la couverture pendant les absences prime sur tout le reste.
- Avez-vous un logiciel métier très spécifique exigeant une connaissance quotidienne ? Cela pèse en faveur d'une présence interne.
- Pouvez-vous recruter ? Sur certains profils et certaines régions, le délai de recrutement se compte en mois, ce qui tranche parfois la question toute seule.
Pour une structure de moins de vingt personnes, la réponse penche presque toujours vers l'externalisation, comme le détaille la page petites entreprises. Les éléments de chiffrage complémentaires figurent dans notre article sur ce que recouvre un tarif d'infogérance, et les obligations qui peuvent s'imposer à vous selon votre secteur sont décrites dans celui consacré aux entreprises visées par NIS2.
Rédaction Apply
Infogérance