Le prix infogérance PME se discute souvent à l'envers : on regarde le montant mensuel, puis on essaie de deviner ce qu'il contient. L'ordre inverse donne de bien meilleures décisions. Un contrat se lit d'abord par son périmètre, ensuite par son délai de prise en charge, et seulement à la fin par son montant. Les paragraphes qui suivent décomposent chaque brique, indiquent les lignes que les devis oublient et proposent une méthode de comparaison en six questions.
Ce que recouvre le prix d'un contrat d'infogérance
Un contrat complet réunit d'ordinaire six blocs distincts. Le support utilisateur traite les demandes du quotidien : session bloquée, fichier introuvable, imprimante muette, partage à ouvrir. L'administration tient les serveurs, le cloud, les boîtes aux lettres, les droits et les correctifs. La supervision regarde en continu l'espace disque, la charge processeur, les certificats qui expirent et les tâches de sauvegarde qui échouent en silence. Le volet sécurité gère l'antivirus piloté, le filtrage, la revue périodique des comptes. La relation fournisseurs fait le lien avec l'hébergeur, l'opérateur et l'éditeur du logiciel métier. Le pilotage, enfin, produit un point périodique : volume d'incidents, tendances, risques identifiés, décisions à prendre.
Un montant anormalement bas cache presque toujours un bloc absent. Le plus souvent la supervision ou le pilotage, parce que ni l'un ni l'autre ne se voit au quotidien. Leur absence ne devient visible que le jour où un disque sature un vendredi soir. Le détail de chaque brique figure sur la page infogérance complète ; si votre besoin se limite aux demandes des utilisateurs, le périmètre plus étroit du helpdesk informatique suffit souvent.
Quatre modèles de facturation, quatre logiques
| Modèle | Unité facturée | Adapté quand | Le point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Forfait par utilisateur | chaque personne équipée | le parc est homogène et bureautique | les serveurs et le réseau sortent parfois du compte |
| Forfait global | l'ensemble du système | les usages sont stables et documentés | toute évolution demande un avenant |
| Régie au temps passé | l'heure d'ingénieur | les besoins sont rares et ponctuels | aucune supervision, donc aucune prévention |
| Crédit d'heures | un volume acheté d'avance | les projets alternent avec le courant | les heures non utilisées expirent souvent |
Le forfait par utilisateur domine dans les structures de cinq à cinquante personnes parce qu'il se recalcule seul à chaque arrivée ou départ. Le crédit d'heures rassure, mais il pousse à hésiter avant d'appeler, ce qui est exactement le contraire de l'effet recherché.
Les forfaits Apply et le taux horaire
| Forfait | Tarif mensuel | Volumétrie | Prise en charge |
|---|---|---|---|
| Start | à partir de 690 € HT/mois | jusqu'à 10 utilisateurs | 4 h |
| Business | 1 490 € HT/mois | parc mixte postes et serveurs | 1 h |
| Premium | à partir de 2 900 € HT/mois | exigences de disponibilité élevées | 15 min |
Les interventions hors forfait sont facturées 95 € HT/h. Les montants s'entendent hors taxes, la TVA à 20 % s'ajoute. Les horaires de service courants vont du lundi au vendredi, de 8h à 18h. Le détail complet se trouve sur la page tarifs.
Un montant ne signifie rien tant que vous n'avez pas obtenu deux éléments par écrit : le délai de prise en charge engagé et la liste exhaustive de ce qui reste hors forfait. Demandez-les avant même de comparer deux propositions.
Les facteurs qui font monter la note
- un parc hétérogène : trois générations de postes, deux systèmes d'exploitation, des logiciels installés au fil des besoins ;
- un serveur physique vieillissant dans un local technique, qui impose une surveillance matérielle et un plan de repli ;
- un logiciel métier ancien dont l'éditeur ne publie plus de correctifs ;
- une documentation inexistante : chaque intervention commence par une enquête ;
- des exigences réglementaires, RGPD ou NIS2, qui ajoutent des revues, des journaux et des preuves à produire ;
- une rotation forte des équipes, qui multiplie les créations et suppressions de comptes.
Aucun de ces facteurs n'est rédhibitoire, mais chacun se paie. Un audit initial permet de les chiffrer avant la signature plutôt qu'au troisième mois.
Ce que le prix ne comprend presque jamais
Les licences logicielles restent à votre charge : Microsoft 365, antivirus, sauvegarde cloud, licences du logiciel de gestion. L'hébergement également, qu'il s'agisse d'un serveur chez OVHcloud, d'une instance Scaleway ou d'une messagerie mutualisée. Les projets constituent une troisième ligne : migration de messagerie, déploiement d'Intune, refonte du plan d'adressage, création d'un annuaire dans Entra ID. Ces chantiers se devisent séparément, au forfait ou au taux horaire.
Un point mérite d'être clair dès la première discussion : tout se fait à distance. Lorsqu'un geste physique s'impose, remplacer un disque ou rebrancher un câble, il est réalisé par un salarié de l'entreprise en suivant les instructions écrites de l'ingénieur. Cela évite une ligne de frais imprévue et raccourcit souvent le délai.
Un budget chiffré, poste par poste
Exemple : un cabinet comptable de douze personnes, deux serveurs virtuels, une messagerie professionnelle et un logiciel de production hébergé par son éditeur. Le forfait Start couvre le courant : 690 € HT par mois, soit 8 280 € HT sur l'année. L'équipe prévoit en plus deux chantiers, la reprise des sauvegardes et le passage de l'authentification à double facteur, estimés à dix heures chacun : vingt heures à 95 € HT, soit 1 900 € HT. Les licences et l'hébergement s'ajoutent selon les contrats des éditeurs. Le budget informatique de fonctionnement se situe alors autour de 10 200 € HT, auquel s'additionnent les abonnements logiciels.
Ce calcul a une vertu : il sépare ce qui est récurrent de ce qui est ponctuel. Un directeur financier accepte beaucoup plus facilement une dépense projet identifiée qu'une facture mensuelle qui varie sans explication.
Six questions à poser avant de signer
- Quel est le délai de prise en charge engagé, et que se passe-t-il s'il n'est pas tenu ?
- Les serveurs, le réseau et les sauvegardes entrent-ils dans le forfait, ou seulement les postes ?
- Qui détient les accès administrateurs, et comment sont-ils restitués en fin de contrat ?
- Quelle documentation est produite, et à quel rythme est-elle mise à jour ?
- Les demandes sont-elles tracées dans un outil auquel vous avez accès ?
- Comment le tarif évolue-t-il quand l'effectif passe de douze à vingt personnes ?
Une proposition sérieuse répond aux six en une page. Si les réponses arrivent en réunion mais jamais par écrit, la question du prix devient secondaire : c'est la relation elle-même qui posera problème au premier incident sérieux.
Rédaction Apply
Infogérance